De la Philosophie au Numérique : un parcours atypique

"Durant 5 ans de ma vie, j’ai dû faire de la philosophie et travailler de façon acharnée non pas par passion, mais par pure nécessité de survie, jusqu'au jour où je réalisa que rien de grand ne peut s'accomplir en ce monde sans passion, et si je ne travaille pas pour mon rêve, alors quelqu'un d'autre m'embauchera pour réaliser le sien."
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Ne vous ait-il pas déjà arrivé de vous demander si ce que vous faites dans la vie correspond réellement à ce que vous souhaitez être ? L’histoire que vous vous apprêtez à lire constitue le parcours atypique d’un homme plein de rêve et d’ambition, qui a sû s’arrêter à un moment de sa vie et décida de pivoter afin de se réaliser pleinement.

L’histoire d’un homme déterminé dans la vie

“Deuxième et dernier enfant de ma mère, je n’ai pas eu la grâce de naître dans une famille aisée et de bénéficier de certains privilèges. Livré à moi même très jeune, j’ai toujours appris à me battre tout seul dans la vie, ce qui a fait de moi une personne assez indépendante et flexible à n’importe qu’elle type de situation.”

La vie ne vous donnera jamais aussi facilement ce que vous voulez à moins de vous battre. j’ai dû connaitre une enfance assez difficile (Je me souviens que chaque matin je parcourais des kilomètres pour me rendre à mon lieu d’étude. Je devais vendre parfois des légumes au marché afin d’avoir de quoi prendre en charge mes frais de transport…). Abandonné par mon père, il a fallu que je vive loin de ma famille biologique que je ne connais quasiment pas jusqu’à ce jour.

Vous savez, lorsque vous apprenez que vous êtes orphelins, et que vous avez été abandonné par votre père, cela développe en vous deux (2) types de sentiments : Soit vous sombrez dans la dépression et vous devenez aigris et violents ; Soit vous décidez de prendre en main votre propre destin, et de faire mieux que vos prédécesseurs. Pour mon cas, j’ai choisi la deuxième situation. En effet, accepter de me résigner c’est comme donner raison à mon père qui m’a rejeté, et je dis NON ! Chacun a le droit de mener pleinement sa vie et d’être ce qu’il rêve d’être !

Durant toute ma jeunesse, j’ai donc toujours appris à me battre tout seul, ce qui a fait de moi une personne assez indépendante et flexible à n’importe qu’elle type de situation.

TROUVER MA VOIE, C’EST VIVRE DE MON RÊVE

“Durant 5 ans de ma vie, j’ai dû faire de la philosophie et travailler de façon acharnée non pas par passion, mais par pure nécessité de survie, jusqu’au jour où je réalisa que rien de grand ne peut s’accomplir en ce monde sans passion, et si je ne travaille pas pour mon rêve, alors quelqu’un d’autre m’embauchera pour réaliser le sien.”

Tout comme n’importe quel jeune ayant vécu la même expérience que moi, j’aspirais devenir quelqu’un de grand et d’influent. Malheureusement, après l’obtention de mon baccalauréat, faute de moyens financier pour poursuivre mes études hors du pays, je fus contraint d’accepter l’orientation faite par l’Agence Nationale des Bourses et Stages du Gabon (A.N.B.G) qui m’envoya faire de la philosophie à l’Université Omar Bongo.

Durant 5 ans de ma vie, j’ai dû travailler de façon acharnée pour survivre. Malgré mon parcours sans fautes de la 1ère en 5ème année d’université, un problème crucial me turlupinait : ‘’Étais-je passionné dans ce que je faisais ?’’. Certainement vous vous demandez comment est-ce possible ? Comment peut-on sacrifier 5 années de sa vie à faire quelque chose qui ne nous passionne même pas ? Ces questions je ne me les posais même pas parce que pour moi le plus important n’était pas tant de faire ce qui me plaisait, mais plutôt ce qui me permettrait de prendre soin de ma femme et de ma famille.

Au sortir de cette expérience, j’ai dû continuer à chercher ma voie. Je me sentais comme désorienté et déboussolé, se sachant plus quoi faire parce qu’il devenait difficile de trouver un emploi. En ce temps-là, mon pays traversait une période de crise économique importante. Il était difficile pour des jeunes diplômés sortant des universités d’enseignement général de trouver un emploi. Vous vous imaginez dans le marché du travail un diplômé de philosophie recherchant un emploi dans un domaine autre que l’enseignement ? Je ne dis en rien que cela ne puisse pas être possible, mais admettons que c’est tout de même assez difficile. Malheureusement pour mon cas, il a été difficile que je trouve ne serait-ce qu’une place de stage dans une entreprise.

DE LA PHILOSOPHIE AU NUMÉRIQUE

“En renonçant à ma soutenance de Master en philosophie afin de m’orienter vers le numérique, j’ai fini par réaliser que le succès dans la vie ne passe pas nécessairement par le fait d’effectuer de longues études ou d’obtenir de grands diplômes, mais se mesure par notre niveau d’influence et notre capacité à multiplier nos ressources par la production des biens et services utiles aux autres.”

Un jour en allant rendre visite à un de mes grands frères informaticiens à l’UNESCO, je vais découvrir une formation dénommée Train My Generation (TMG) – Gabon 5000 qui ambitionnait de former au moins 5000 jeunes dans les domaines des Technologies de l’information et de la communication (TIC). Je puis vous garantir que sans le savoir, c’est là que ma véritable aventure commença. En suivant cette formation d’initiation à l’informatique, niveau I, j’ai pu me familiariser à un langage qui autrefois m’était totalement étranger. Mais ce n’est pas tout ! Vous comprendrez la suite un peu plus loin.

Au sortir de ma formation, j’ai été convié à récupérer mon attestation de formation en informatique à la Présidence de la République Gabonaise. Devant Monsieur le Président Ali Bongo ONDIMBA et Madame la Directrice Générale de l’UNESCO, nous avons été honorés de recevoir nos documents ayant sanctionné notre formation. Certainement vous vous demandez ce qui s’est passé par la suite, vu que j’étais désormais diplômé en informatique ! Je vous rassure, il ne s’est rien passé, j’étais toujours au chômage et plus fauché que jamais !

Sans perdre espoir, je vais une fois de plus postuler pour une autre formation offerte par l’UNESCO, cette fois-ci, il n’est pas question d’informatique, mais plutôt de Digital. Eh oui, étrange, mais vrai, il fallait que j’essaie encore, et qui sait, peut-être que j’aurai un emploi ! C’est ainsi que dans cet état d’esprit je vais postuler pour cette formation, et sur près de 200 candidature pour 10 places disponibles, je serai retenu parmi la promotion des Community Manager. Waouh ! Quelle belle aventure qui vient de s’ouvrir à moi ! Sans aucune hésitation j’y vais, d’autant plus que la formation est totalement gratuite.

Accompagnés par des experts chevronnés du numérique, nous allons découvrir un univers riche d’opportunités. C’est de là que commence à germer l’ambition de devenir entrepreneur (même si je l’étais plus dans le rêve que dans la vie réelle). De Mounira HAMDI (Consultante, formatrice en stratégies digitales & organisatrice d’évents en France et Tunisie) à Lassaad Ghachem, et en passant par kais khenine (CEO/Founder/Owner, à E2business Consulting and Training), nous avons exploré un monde immensément riche en opportunités, notamment au Gabon. Malgré ces belles expériences, mon objectif n’avait toujours pas été atteint. J’étais une fois de plus au chômage, et ce, malgré les nombreuses tentatives de stages que j’effleurait.

Un jour, en discutant avec mes amis sur notre groupe Whatsapp des anciens apprenants du programme TMG-Gabon 5000, je vais découvrir une annonce qui parle d’une école au Gabon qui ambitionne former des personnes dans les métiers du numérique. Vous ne devinerez jamais la chose incroyable dans cette annonce. Cette école s’est donné le défi de forcer en 7 mois des professionnels du numérique avec un niveau de connaissance et de compétence égal à un bac+2 en France, et de leur offrir par la suite la possibilité d’obtenir un emploi ! Et ce, pour des personnes n’ayant jamais connu le numérique et n’ayant plus d’espoir comme moi !!! Je me suis dit tout simplement que c’était : Waouh ! C’était une grâce qu’il fallait que je saisisse quel que soit le prix à payer.

Une fois les formalités de lancement de l’école effectuées, je me suis retrouvé dans un monde que je pensais connaitre grâce aux outils de Community Manager, mais qu’en réalité je ne maîtrisais quasiment pas. Durant deux semaines intenses, je vais me retrouver à faire des veilles incroyables. Avec un rythme de travail que nous avions qualifié d’endiablé, il était difficile pour de reconnaître à quoi pouvait ressembler le visage du sommeil.

De veille en veille, et de restitution en restitution, nous devenions tels des morts vivants assoiffés de dévorer chaque jour une partie de la connaissance enfouie dans le numérique. Malgré que le sommeil devenait un luxe pour nous, il fallait tenir bon, car une très longue liste d’attente guettait impatiemment le premier à déclarer forfait. Et malheureusement il y eut des abandons.

Tellement secoué par l’intensité du travail, il a fallut de peu pour que j’abandonne et me retire de la formation. Mais je me suis dit : « Pourquoi renoncer maintenant après avoir surmonté autant d’épreuves ? Serai-je capable de retourner dans la misère que j’avais décidé de quitter ? Aurais-je le courage de voir sur une glace le reflet du lâche que je serai devenu ? Quel modèle serais-je pour mes enfants et ma famille ? » C’est à travers ce saut d’orgueil que j’ai pu trouver la force de continuer. Grâce à cette abnégation de vaincre, je trouvais en chaque difficulté une opportunité de m’accomplir pleinement et de démontrer que ne suis pas né pour être un perdant, mais pour gagner !

Certainement vous vous poser la question de savoir ce qui aurait pu susciter en moi cet amour du numérique, tout en sachant bien le nombre de difficultés auquel j’ai dû faire face. Une chose est sure, la philosophie n’était pas ma passion ! Il faudrait dire ici qu’à travers le numérique, j’ai fini par trouver ce qui me passionne vraiment : Apporter des solutions aux problèmes des personnes qui m’entourent.

Pour moi, le numérique m’a permis de réaliser que j’avais à ma disposition une infinie possibilité de solution pour traiter tout type de problème. Aussi, en pratiquant sans cesse du code chaque jour, j’arrive à me sentir transporter dans un monde où tout est possible. Difficile de compter le temps qui passe, je peux passer des heures entières à communiquer avec un ordinateur dans le but de créer une solution capable d’améliorer les conditions de vie des Hommes. Pour moi, c’est cela la véritable passion : ne plus accomplir des actions parce que nous nous sentons contraint s de le faire par simple nécessité de survie, mais par pour plaisir et volonté de transmettre ce bonheur inouïe aux autres.

En outre, il faudrait dire que grâce aux différentes sessions de formation en Leadership offertes par le Coach Sylvère BOUSSAMBA, j’ai fini compris qu’il fallait que je renonce à ma soutenance de master en philosophie. Vous vous demandez certainement pourquoi !

Vous savez, le succès dans la vie ne passe pas nécessairement par le fait d’effectuer de longues études ou d’obtenir de grands diplômes, mais se mesure par notre niveau d’influence et notre capacité à multiplier nos ressources par la production des biens et services utiles aux autres.

AIDER LES AUTRES À RÉUSSIR

“Le véritable leadership se résume en une seule phrase: AIDER LES AUTRES À RÉUSSIR.
Ma véritable satisfaction réside dans l’entraide et le succès de mon prochain. Devenir un accélérateur de croissance gabonais qui ambitionne faire du numérique une opportunité de réinsertion sociale, telle est ma vision.
Engagé de manière active et soucieuse dans la lutte contre les inégalités sociales, ma mission consiste à faciliter et à développer l’entrepreneuriat numérique afin de créer une communauté que je qualifie de Digital-Entrepreneurs.”

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